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Chapitre 7:
D'un état à l'autre



Ecrit le 13 décembre 2015
J’ai donc laissé mon corps périr, jusqu’à ce que mort s’en suive ; par choix vous pouvez en être convaincu et non par lâcheté. Pour certains, il avait cédé sous les coups de butoir ; pour d’autres, c’est la mélancolie qui avait eu raison de moi ! Petit à petit, j’ai refusé de manger puis de boire. Et à la fin, c’est mon esprit qui a pris les devants. Les portes qui s’ouvraient devant moi n’étaient pas de plomb ; elles m’invitaient bien au contraire à rejoindre un monde merveilleux. Au fond, là-bas, il y avait une lumière ; l’univers n’était plus que transparence et clarté, douceur et amour. Quoique je ne vis aucun des êtres qui peuplaient ce monde, je ressentais néanmoins leur présence ; ils m’attendaient sans impatience aucune. Je devais parcourir le chemin, tranquillement, à mon pas…  Petit à petit, j’ai glissé dans les draps ; ils étaient devenus soyeux. Petit à petit, j’ai recouvert ma tête d’une couverture et puis j’ai commencé à ne plus respirer. L’après-midi était très belle pour mourir ; je n’aurais pas voulu quitter ce monde sous le froid et la pluie. Auparavant, j’avais pris soin de laisser quelques messages à mes enfants et à mon épouse ; dans le tiroir d’un petit secrétaire qui jouxtait mon lit. Il fallait que je les préserve… je ne pouvais pas imaginer être la cause d’un tourment si grand qu’il aurait pu leurs arracher des larmes. Cette idée-là m’insupportait. Un mot pour chacun afin de leur transmettre le goût de la vie ; il ne faut pas perdre de temps. « Je serai toujours là, à veiller sur vous… à tenir votre main » ou quelques chose de ce genre, décliné en plusieurs exemplaires mais totalement individualisé. Et puis, mon cerveau a lâché prise tout doucement ; ma conscience de terrien s’est éteinte et je suis devenu une entité, une simple entité… sans corps mais bien vivante ! Petit à petit, tout au long du grand tunnel qui conduit à l’autre monde, j’ai appréhendé le fait que la pesanteur n’aurait plus aucun effet sur moi. Que la rancœur ne m’habiterait plus et que je deviendrais progressivement un être de miséricorde. Mon dieu ! Cette impression inimaginable que désormais, aucun jugement, aucune souffrance ne pourrait plus jamais m’atteindre … une sensation de lâcher prise, de déconnexion totale ; mais une capacité incroyablement forte à ressentir ce qui est vécu par les autres, mes anciens amis mais également par tout ce qui respire : les animaux, les plantes, les objets et matériaux qui les composent, la terre et le cosmos, etc. En l’absence de toute souffrance ; avec une incroyable capacité à comprendre le sens des choses, leur complexité et leur interactivité, le côté éphémère et transitoire des phénomènes. Avec une incroyable capacité à se déplacer dans le temps et l’espace ; et l’histoire du monde m’apparaissait et celle de son destin également.
 





Chapitre 8:
Dans un pays arabe



Ecrit les 31 décembre 2015 et 1er janvier 2016

Même si le sentiment de pardon était en train de me gagner, et malgré le fait que plus rien n’a d’importance dans ce monde, il fallait que je sache… je vous l’ai tant de fois répété. Car ressortait de cet accident une curieuse impression, celle qu’un plus grand malheur était à l’origine de mon funeste destin. Apparemment, dans ce monde-là, il suffisait d’en exprimer le souhait, pour qu’une téléportation s’accomplisse ; et comme je me posais dans l’instant cette question : à qui pouvaient bien appartenir ces gants ? m’apparut sous forme de vision, une première réponse ? Comme si j’étais au théâtre, vivant en direct les faits que je vais vous relater, sans qu’aucune personne ne puisse me voir. Je suis présent dans un pays arabe de l’Afrique du nord avec lequel la France est ami et mon regard est centré sur la place centrale d’un petit village. Un marché bat son plein ; la vie s’épand … riche et colorée, tranquille et piailleuse. Ca pullule d’humains ; les autochtones semblent vivre leur vie en complète harmonie avec les blancs, certes moins nombreux, mais si faciles à repérer dans leur tenue blanche. Les regards se croisent, emprunts d’un bonheur qui ne semble pas feint. Et puis, mon regard est attiré par le déplacement très gracieux d’une jeune femme, qui marche comme si elle était l’actrice principale d’un film que l’on serait en train de tourner au ralenti. Je suis complètement obnubilé par ce qui ressort de ce mouvement ; des hanches qui se baladent comme si elles dansaient et le visage couvert de façon discrète par un voile beige. Laissant entrevoir des yeux magnifiquement noirs, encadrés chacun par une ligne de khôl ; même cachés, je perçois la texture noire de ses cheveux. Elle est étonnamment superbe ; sans arrogance, toute en finesse…  les mains relâchées, comme si elles devaient marquer la fin de chaque pas, de quelques volutes. A l’heure où je vous la décris, elle marche de façon régulière, alternant passages sur le trottoir et passages sur la route, au gré des obstacles qui se présentent devant-elles. Une marque de jeunesse et de respect adressée aux anciens. Pour les autres, comme par enchantement, ils semblent tout naturellement lui céder le passage … cette sensation qu’une femme d’une haute lignée ou d’un haut niveau spirituel est en train de parcourir les rues de la ville et qu’il faut respecter ce qu’elle représente. Tout n’est qu’ondulation(s) dans ce dessin ; mais une chose m’intrigue, elle porte des gants noirs. A ma grande surprise, car aucune autre femme aux alentours n’en porte. Marque d’élégance ou marque d’appartenance, je suis dans l’instant incapable de discerner la véritable raison qui anime le port vestimentaire de cette jeune femme. Mais ces gants, je les reconnais… ils sont ceux qui m’ont bousculé, ils sont ceux qui ont ravagé ma vie, celle d’avant. Comment imaginer que cette femme à l’apparence aussi pure puisse être impliquée, d’une quelconque façon, dans l’accomplissement d’un acte aussi odieux ! Non, il est arrivé une histoire à ces gants ; peut-être ont-ils changé de propriétaire… vendus ou volés, que sais-je ?
 
 
 



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