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CHRONIQUES POETIQUES D'UN SIMPLE MOIS DE MARS
Auteur: N. Krantz
Achevé le 31 mars 2015
Nombre: 279

Comment vous dire ? Comment expliquer… l’apparition dans mon cerveau, d’une idée aussi saugrenue que celle qui consiste à vouloir écrire ses pensées sous forme de poèmes ! A une époque où la poésie ne constitue pas un genre idéal d’expression ; sans doute ces choses là ne trouvent-elles pas d’explication rationnelle. Le besoin d’écrire mes émotions ne peut pas se justifier ; il s’est imposé tout simplement comme une envie irrésistible de porter sur le papier quelques unes des « bouffées de chaleur » qui ont émaillé « mon » mois de mars 2015. Non pas que ce mois ait été plus marquant que les autres, mais il s’est retrouvé la cible bien involontaire de ce fort désir.
De la façon la plus honnête et la plus authentique qui soit, j’ai porté jour après jour, le fruit de mes réflexions, de quelque nature qu’elle soit. Je n’ai pas triché, ni sur le pari que je m’étais donné, ni sur la méthode adoptée ; je vous ai tout livré en direct et de façon spontanée. Influencé par les aventures que je vivais en tant qu’homme, également par celles que je vivais comme citoyen du monde ; à ce titre, vous pourrez éventuellement trouver les traces de quelques actualités… dont certaines ont défrayé la chronique. A la fin de ce mois d’écriture, j’étais harassé… heureux mais harassé. La mission que je m’étais donnée était accomplie. Je n’espère qu’une chose, c’est que vous serez troublé par quelques unes de mes tirades.                        
 
A l'âme qui me suit
au quotidien
1. Ballade en terre inconnue

J’ai ouvert la bouche…  la larme a rejoint ma langue et elle s’est mêlée à ma salive.  J’ai goûté cette étrange saveur, toute de sel vêtue et j’ai souri bêtement  aux étoiles. Elles seraient ma compagne tout au long de la nuit.
 
2. S’il vous plaît

Et j’ai crié toute la nuit son nom, lui implorant de me donner encore un peu, une toute dernière fois… la chance de parcourir à plein galop l’espace de mes émotions. Allongé sur l’encolure de mon cheval, faisant corps avec lui. Il m’a répondu en convoquant la pluie.
 
3. Le prisonnier

Mon collier n’avait pas disparu ; il trônait fièrement posé sur ma poitrine. J’avais compris qu’il serait le dernier survivant de cette histoire ; l’objet avec lequel je serai enfermé pour toute la vie et sans doute après. Incompressible et fidèle témoin.
 
4. Quand la vie trépasse

Au paroxysme de ma solitude, j’ai humé le châle qui entourait mon cou. Une odeur de patchouli m’attendait, sucrée et érotique… indiciblement évocatrice, terriblement séductrice. Jusqu’à en couvrir mon visage, au point d’en étouffer la vie.
 
5. Réminiscence

J’étais seul, terriblement seul… perdu dans la jungle de cette ville à laquelle j’avais appartenu. Et le passé me rattrapait au fur et à mesure que j’avançais. C’est en posant l’une de mes mains, à plat sur un mur,  que surgit une ombre ; elle m’attendait là, tapie, depuis quarante ans.
 
6. Fuite en avant

Sous moi, le bruit de mes pas sur le trottoir mouillé… rythmant les battements de mon cœur. Je me suis mis à courir, il fallait rompre avec la mélancolie. Toujours plus vite afin que rien ne m’atteigne plus jamais.

 
7. Meurtre à la plage

Après avoir bu, j’ai regardé la mer … comme un matelot ivre le ferait. Parce qu’elle était calme je me suis assis à côté d’elle et nous avons bavardé ensemble. Jusqu’à ce qu’une lame plus forte que les autres me surprenne ;  elle était d’acier.
 
8. Sauter le pas

J’ai plongé ma tête dans l’eau du bain afin d’empêcher mon cœur de battre… le temps d’une apnée. Une sorte de visite de courtoisie  que je rendais à la mort ; pour voir ce qu’il se passait dans l’autre monde. J’ai  renoncé au dernier moment à ne plus respirer; je n’étais pas encore prêt à faire un si long voyage.
 
9. Le pendu

Puis le nœud de la corde a glissé, rejoignant avec délicatesse ma gorge. Pour la première fois, ces deux là  se rencontraient… un vrai coup de foudre ;  jusqu’à ce que l’un d’entre eux enserre l’autre. Si fort que j’en perdis pieds. C’est ainsi que je suis devenu le pendentif bien malheureux d’un simple collier.
 
10. La nausée

A force de naviguer entre beau temps et tempête, je ne me reposais jamais. Il aurait fallu que le monde se vide de tout puisque tout me sollicitait. Je me suis alors écroulé au sol en  attendant le temps ou rien ne me remplirait plus.
 
11. Quand la fin détermine les moyens

Ils ont scié mes poignets, puis ils ont découpé mes doigts. Je les revois morceaux épars sur l’étable du boucher… mélangés à d’autres morceaux de viande, comme de simples tissus. Jusqu’à ce qu’un client plus affamé que les autres mette la main dessus.
 
12. La volonté d’être ce que je veux

C’est en consultant la paume de mes mains que j’ai pris connaissance de ce que me réservait la vie. Comme elle n’était pas celle que je souhaitais, j’ai pris les travers… jusqu’à ce que s’inscrive à l’intérieur même de mes propres dessins, un autre dessein.

 
13. Une histoire de jeu

Sur ta chemise à carreaux, nous avons joué aux dames. Toi en blanc et moi en noir. Il fallait bien qu’à la fin de l’histoire, je te saute…
14. Mes proches

J’étais entouré de sable, englobé par une nuit aux mille étoiles… obnubilé par le bruit des vagues, envoûté par l’odeur des pins. Ils étaient les seuls éléments naturels auprès de qui je pouvais me confier. Fidèles amis pour qui la confidence est un cadeau du ciel.  
 
15. A en mourir

Comme si les formes dessinées par mon corps avaient pu être des volutes de fumée, j’ai dansé… jusqu’à la tombée de la nuit, jusqu’à ce que mort s’en suive. Il fallait bien qu’à force de fumer la vie, j’attrape le cancer.
 
16. Comme il te plaira

Et puis tu es venu me parler ; comme tu avais faim, je t’ai nourri. Et puis tu as voulu voir Venise ; comme tu étais curieux, je t’ai amené avec moi. Et puis tu as voulu partir… comme tu voulais être libre, je t’ai poussé. Par la fenêtre.  
 
17. Les autres

Comme j'étais dépassé par tant d'emoi, je pris la décision de ne m'occuper que des autres. C'est ainsi que j'appris à conjuguer le verbe dans toutes ses dimensions: etoi, esoi, enous, evous, eils.
18. Toile de fond

Les liquides se répandaient, là au sol, constituant une marre dans laquelle je pataugeais. Il y en avait de toutes les couleurs et de toutes les odeurs. Elles constituaient la substantielle moelle de la vie... l'essence même de mes sens.
19. L'absence

C'est en parcourant mon corps à force de caresses que je mis la main sur un fait: je n'avais pas de nombril. Comme il fallait que je trouve une explication à toute cette histoire, je fis un trou... afin que le passé et le présent puissent enfin s'atteindre.
20. Tombe la pluie

Sur la glace, coulaient des goutelettes:innombrables et vagabondes. Elles exprimaient la mélancolie du monde, ses pleurs en quelque sorte. Dont je faisais partie intégrante en ce triste soir d'hiver.
21. Liquéfaction

Comment pouvait-il en être autrement puisque j'avais été pendu par les pieds. je me vidais par le bas, comme une bouteille renversée... goulot ouvert. Sans qu'il me soit possible de remettre le bouchon. Drôle d'anniversaire.
22. Disparaître sans laisser de trace

Comme je ne voulais plus être vu, je me suis plié en huit. Une enveloppe et un timbre plus tard, j'étais envoyé au fin fond d'une boite aux lettres. Sans adresse ni expéditeur.
23. Mon cerveau droit

Quatre heures du matin; tu as décidé de me réveiller. De ma torpeur tu t'es emparé pour en faire tout un monde d'images et de mots. Tu es sans pitié pour le reste du corps; il vit à tes crochets depuis tant de temps.
24. Garde rapprochée

Ta main se lovant dans la mienne comme un petit chat blotti dans le ventre de sa mère. C'est une protection que je t'offre totale et entière... éternelle; pour que ta vie à mes côtés ressemble à un délicieux voyage au pays des vivants.
25. Ambivalence

Je me suis levé, je n’étais plus celui que j’étais hier à l’heure du coucher. Une sorte de métamorphose s’était opérée dans le sens de la longueur… faisant de moi un être double. M’obligeant à alterner au gré du vent, sensibilité froide et sensibilité chaude.
 
26. A perdre la raison

Sur la courbe de tes reins, j’ai skié. Puis ils ont enlevé le tire-fesses, sans me prévenir. Comme je t’aimais, j’ai fait la remontée à pieds, de nombreuses fois. Jusqu’à la tombée de la nuit ; j’étais exténué… mais heureux. 
27. Le baiser

Je me suis approché de ta bouche ; la parcourir de mes doigts, avec délicatesse, tout en tendresse. Avant de pénétrer dans le cratère… sonder l’état du magma. C’est alors que le volcan s’est réveillé ; il était éteint depuis si longtemps.
 
28. Impatience

Je me suis approché du bonbon ; il fallait que je suce quelque chose de sucré. A peine mis dans la bouche que je l’avalai. Alors je me suis approché d’un autre bonbon… prendre cette fois-ci le temps de le déguster. A peine mis dans la bouche que je le croquai.
29. Des nouvelles de l’au-delà

J’ai ouvert ton courrier ; il était plein de hiéroglyphes. Tu m’écris depuis le royaume des morts où tu mènes une existence tranquille ; j’en suis heureux.  Tu me dis que l’évolution du monde te fait peur et je te comprends, moi qui aurais tant aimé vivre à l’époque des pharaons.  
 
 
 



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