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62. Suicide

Pour se faire, je devais prévoir une date. Choisir quand et ne pas laisser le destin décider de mon sort. Après avoir fermé les yeux, sur un calendrier, j’ai posé mon doigt, au petit bonheur la chance ; au final, il ne me restait plus que quelques minutes à vivre.
63. La spirale infernale

Comme je ne supportais pas la douleur, je me suis brûlé la peau… avec un simple mégot de cigarette. Puis les choses se sont enchaînées… douleur après douleur, mégot après mégot ; jusqu’à ce que je devienne ce que je suis devenu aujourd’hui. Il faut absolument que j’arrête de fumer, car fumer tue.
 
64. Des hommes et des trajectoires

Comme je dansais, me vint à l’esprit le mot « arabesque » ; il désigne la façon dont nous nous déplaçons.  Au final, nous sommes tous des lignes… pleines ou pointillés, fines ou grasses, droites ou courbes, continues ou interrompues. Et le tout forme un dessin.
 
65. Devenir un fruit

Jusqu’à ce que l’homme stressé devienne un jus de citron… avec sa pulpe et ses pépins. Avec son goût acide et sa peau vide.
 
66. Mydriase

Dans la pupille de tes yeux, j’ai vu la terre. Elle était dilatée ;  une preuve que la pénombre était en train de nous gagner. Tout doucement, mais inexorablement. Quand j’ai fermé tes yeux, adieu l’ami… une larme a surgi. Il pleuvait encore et toujours sur la planète.
 
67. Canular

J’étais habillé comme un milord ; on ne se marrie pas tous les jours. A l’endroit prévu je me suis rendu, fier comme Artaban. Mais tu n’es pas venue… on ne vient jamais les 29 février d’une année non bissextile.

 
68. Mauvaise pioche

J’étais en train de prendre le train quand tu m’as entraîné. Il n’aurait pas fallu que je te rencontre car depuis, je manque d’entrain.
 
69. Vexation

C’est une amitié comme je ne vous en souhaite pas. Toute ma vie, je me la suis coltinée… s’insinuant dans toutes les discussions, imposant sa présence, même lorsqu’elle n’était pas invitée. Un jour elle est partie, après que je l’ai mouchée, la mouche.
 
70. Un bon dessin vaut mieux qu’un long discours

Comme tu ne comprenais pas la différence entre « voix » et « voies » et que tu  affirmais que dans tous les cas, elles sont impénétrables, je t’ai conduit dans ma chambre… puis je t’ai allongée sur le lit. Il fallait bien que j’arrive à te convaincre.
 
71. Le temps qui passe

Comme je ne me rappelais plus de mon âge, j’ai pressé la peau de mes mains ; jusqu’à ce que l’ensemble des plis apparaisse. Et puis je les ai comptés, patiemment… un par un. Il y en avait plus de cinquante ; oui, plus de cinquante.
72. Peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse

On m’avait dit qu’elle était une femme fatale. Comme je ne voulais pas mourir avant elle, je lui ai offert un parfum, dans un joli flacon : « Venin de Cobra ». Son agonie a duré des heures, pour mon plus grand bonheur.
 
73. Adieu le chauve

A la cime des arbres soufflait le vent. Je revois encore votre perruque s’envoler. Et puis je vous revois courir, affolé qu’on ait découvert ce qui pouvait bien se cacher derrière un aussi beau chapeau. Et puis vous avez traversé la voie ferrée… sans regarder ni à droite, ni à gauche ; et le train vous est passé dessus.

 
74. Dressing

Elle était d’essence noble m’avait-on dit, pour me convaincre de l’acheter. On me trouvait très beau avec, mais moi je la trouvais difficile à porter. Jamais à l’endroit où je l’avais mise… la chemise qui marchait toute seule.
 
75. Exclusivité

Qui sont-ils, tous ces visages que je croise et que je ne vois pas… parce que je ne fais que penser à toi, tout le temps. De quel bois sont-ils faits et dans quelle forêt vivent-ils ? Est-ce que vous pouvez me dire s’ils respirent le même air que moi ?
 
76. Etrange façon de voir les choses

Comme je ne voyais pas très bien, je me suis acheté un troisième œil ; au marché aux puces, rayon des aveugles. C’est ainsi que je devins le cyclope de la cité… la personne la moins visible du monde.
 
77. Les fous de dieu

Bamako et Tombouctou, je vous ai tant aimées. De l’une à l’autre, je suis passé, par le fleuve Niger, comme on passe d’une épouse à sa maîtresse et vice versa. Et vous voilà aujourd’hui cadenassées, mes villes préférées, avec des ceintures de chasteté. 
 
78. La vocation

Je n’oublierai jamais le dernier mot que tu m’as adressé à l’heure ou tu m’as quitté : « Adieu ». C’est pourquoi je suis rentré dans les ordres… pour te retrouver.
 
79. Tunis

Sur ma droite, dans la nuit sombre du vieux continent, brillaient mille petites étoiles. Et puis, l’avion s’est incliné, doucement, de la mer vers la terre ; nous allions atterrir, tous feux éteints, sans bruit aucun. Et puis les petites maisons blanches sont apparues, entourées de bougainvilliers… jusqu’à ce que la chaleur me gagne. J’étais chez moi.
 
80. Epitaphe

C’était une vielle pipe que j’avais achetée à un brocanteur ; elle avait appartenu à un poilu de la guerre. Dans le tuyau qui mène au fourneau, gisait un morceau de papier… enroulé sur lui même, comme un linceul. Et quand je l’ai déroulé, ces quelques mots, sans doute écrits à la lueur d’une chandelle : « Qu’avez-vous fait de mes vingt ans ».
 
81. Le messager

Une fois les plus hauts sommets de la tristesse atteints, il s’assit, à la manière des sages ; puis il trempa sa plus belle plume dans le sang frais qui n’arrêtait pas de couler de ses veines. Quelques mots plus tard, il envoyait dans un dernier râle ce message… à l’ensemble des humains: « Jamais plus ».
 
82. Œil pour œil

Je fus abattu par un tueur à gage alors que je rentrais chez moi. De façon imparfaite puisque la balle qui me toucha n’atteint jamais que le côté recto de ma personne. Comme il me restait un peu de force, je me suis redressé, titubant… diriger le canon de mon arme dans sa direction et abattre dans une sorte d’esprit vengeresque, le côté verso de mon agresseur. Nous étions quittes.
 
83. Tout est dans tout, n’importe quand

Vous voulez savoir ce que je pense… qu’un simple battement d’ailes peut déclencher une tornade quelques siècles plus tard. Et comme vous doutez de moi, je vous demande si le cœur de votre grand-père n’a pas un jour battu pour un simple battement de cils.
 
84. Si petit que…

Dans les verres de tes ray ban, je me suis vu, marchant… maintenant et toujours. Puis, tu as détourné les yeux et j’ai disparu ; je n’arrivais plus à tenir debout.    
 
85. La rançon du temps

Avec le temps, vieillissent les visages et les corps. Avec le temps, s’égarent les pensées et les regards. Avec le temps meurent les projets et les ambitions. Avec le temps passent les certitudes.
 
86. Confusion de genre

Comme tu m’avais dit « A l’infini » et que je croyais que tu me conviais à un rendez-vous galant… dans un endroit féérique, j’ai pris un billet d’avion. Ce n’est qu’une fois arrivé à destination, que je me suis rendu compte de la supercherie ; tu ne me parlais que d’amour.

 
87. Comprenne qui veut

Au spécialiste qui m’interrogeait, j’ai répondu : « je ne me souviens plus de ce que j’ai oublié ». Mais il aurait fallu que je réponde autre chose, car dans les faits, c’est pire : « j’ai oublié ce dont il fallait que je me souvienne ».
 
88. Réveil douloureux

Je suis assis dans un taxi jaune, séparé du conducteur par une vitre ; nous traversons la ville à tombeau ouvert. Comme je me rapproche du chauffeur pour exiger de lui qu’il ralentisse, je m’aperçois qu’il porte un masque de fer. C’est en cognant sur ce masque que je me suis aperçu qu’il n’y avait personne… absolument personne dans cette voiture.
 
89. Apparences

« Je ne vois pas toujours ce qui est visible mais je perçois très bien ce qui est invisible » avait dit l’homme. « C’est la raison pour laquelle, malgré votre sourire,  je ne vous serrerai pas la main » avait-il ajouté.
 
90. La rage de vaincre

Avant que le geste n’ait pu s’exprimer, j’avais lu dans cette attitude, une intention que la raison seule ne peut saisir. Parce que la faim l’emporte toujours sur les moyens, je savais qu’elle réussirait dans sa quête du Saint Graal.
 
91. La vieille ensorcelée

On la disait envoûtée, au point de lui lancer des pierres à chaque fois qu’elle traversait le village. Alors qu’elle n’était qu’un génie… qui utilisait ces pierres pour mettre en voûte(s) comme on met en scène, sa vieillesse.
 
92. Une opération ratée

Comme ils ne voulaient plus qu’il s’évade, même en rêve, ils ont creusé un trou dans son cerveau… avec une perceuse. Sans imaginer une seule seconde que d’un simple trou, il ferait un appel d’air. Après avoir creusé quelques jours, il retrouvait sa liberté.
 
 



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