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               Matricule de l'infamie

        L'histoire vécue d'une double               incarcération: en Afrique Noire (Mali)
             puis à Fresnes (France)

 
Un ouvrage de
Jean Marie Krantz
(décédé en 1988)

Repris par son fils
Norbert Krantz.
En cours de ré-écriture
Je ne saurais jamais qui était exactement mon père! Après que la séparation de corps avec ma mère ait été prononcée (1968), nous sommes rentrés en France.

Un véritable choc pour nous tous que ce rapatriement forcé; nous venions de vivre la plus grande partie de notre vie en Afrique (12 ans en ce qui me concerne).

Le 31 décembre de l'année 1971 (le jour de la Saint Sylvestre), mon père a été arrêté par la police Malienne. S'en suivra 551 jours de détention... dans plusieurs prisons du pays avant que la France ne soit autorisée à le rapatrier pour qu'il purge la fin de sa peine. A sa sortie, il partira au Brésil ouvrir un nouveau comptoir pour le compte d'une société privée (Sao Paulo)

Nous ne savons pas grand chose des raisons qui l'ont conduit à vivre cette aventure terrible! Rarissime... Etait-il un agent des réseaux Foccart ou un simple "pion" pris au piège d'un règlement de compte politico-économique? Je ne renonce pas à savoir un jour ce qu'il s'est réellement passé.

Il demeure qu'il est resté jusqu'à sa mort profondéments attaché à l'Afrique. Au point dit la légende d'en avoir acquis la nationalité!

Cet ouvrage est un ouvrage posthume, légué à ses fils.

L'un des premiers Blancs à avoir connu les geôles africaines. Peut être l'un des premiers otages!

 
Liminaire
 
" Je suis un nègre, un nègre blanc ; un nègre blanc qui a consacré l’essentiel de sa vie active d’homme à l’Afrique Noire dont quinze ans à l’un des Pays qui la composent.

Formé parmi les nègres, j’ai été condamné par eux : trois ans de prison. Ur ces trois ans, j’ai purgé 551 jours de geôle effective, 551 jours de perdus mais qu’y faire ? La justice des Hommes est la chose la plus insaisissable qui existe, même quand elle est rendue avec soin !

Durant ces longs jours j’ai eu tout loisir de regarder autour de moi ; je suis passé par tous les états d’âme que puisse connaître un homme : j’ai été tour à tour optimiste, abattu, confiant, écœuré, que sais-je encore ; j’ai applaudi à certaines choses ; j’en ai déploré beaucoup d’autres ; j’ai philosophé et me suis laissé emporter par le rêve ; je suis également resté sans penser comme seuls peuvent le rester des prisonniers ; j’ai souffert dans ma chair, dans mon cœur, dans mon être tout entier. J’ai rencontré des êtres détestables mais également, je dois le reconnaître, des âmes d’élite. Bref, ce fut une expérience ! Le but de cet ouvrage –cette appellation en elle-même n’est-elle pas présomptueuse ? – est de consigner un certain nombre d’observations personnelles et générales en souhaitant que certaines éclairent sous un jour nouveau pour le lecteur la vie que mènent quotidiennement les détenus de par le monde sans doute, en Afrique et en France en particulier. Nombre d’entre-elles auront sans doute déjà été maintes fois examinées par les spécialistes. Qu’importe, le fait qu’elles soient à nouveau évoquées prouve qu’elles restent toujours posées.

Je dédie ces lignes à ceux qui m’ont suivi et assisté au cours de cette longue détention ; à tous ces amis sincères, Noirs et Blancs, dont l’attachement ne s’est jamais démenti ; je les dédie à mes camarades d’infortune et notamment à tous ceux dont j’ai partagé le sort dans les geôles lointaines de la terre africaine. Je les dédie aussi, à titre d’hommage, pourquoi pas, à certains de mes gardes et à certains membres du personnel pénitentiaire.

Je tiens à préciser que le ton parfois volontairement léger de ce récit n’enlève rien à son authenticité. Emporté souvent par mes souvenirs, j’ai préféré utiliser le badinage plutôt que l’acrimonie. N’est-ce point mieux ainsi ? Le libertinage littéraire n’a jamais fait, lui, de mal à personne ".


 
Décembre 1973
 
 



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